Conflit en Iran : quel impact sur les marchés ?

Les Etats-Unis et Israël ont lancé des bombardements massifs ce week-end sur l’Iran, qui a riposté en envoyant des missiles et des drones à la fois sur Israël mais aussi sur de nombreux pays de la région (Bahreïn, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis et Jordanie).

Si beaucoup de têtes du régime iranien sont déjà tombées, dont celles de l’Ayatollah Khamenei, cela ne signifie pas pour autant qu’interviendra une chute rapide du régime. C’est pourquoi, les marchés ont accueilli cette première phase du conflit, sans panique mais avec une certaine inquiétude. Le CAC 40 a ainsi perdu 2,17% hier puis 3,43% aujourd’hui mardi tandis que le S&P 500 a subi hier un repli plus modeste de 1,49% et baisse aujourd’hui de 1,30% à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Hausse du pétrole et risque inflationniste

Hormis l’impact sur certains secteurs spécifiques (négatif pour le tourisme et le luxe compte tenu des villes touchées au Moyen-Orient comme Dubai, positif pour la Défense), l’impact principal du conflit porte sur les prix du pétrole. L’Iran a annoncé bloquer le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz mondial, entraînant une hausse des prix du baril de Brent de 7,26% hier et 8,05% aujourd’hui. Si elle devait s’amplifier et durer, cette hausse des prix annoncerait deux choses : d’abord une hausse des coûts de production pour beaucoup d’entreprises entraînant une compression de leurs marges à court terme, mais ensuite une hausse de l’inflation ayant de grandes chances de provoquer une hausse des taux d’intérêt, défavorable aux marchés obligataires mais aussi à la croissance économique et aux actions.

L’Europe et la Chine plus exposées que les USA

Les actions européennes et asiatiques (en particulier chinoises), où les entreprises sont plus dépendantes du pétrole du Moyen-Orient que les entreprises américaines, devraient être les plus touchées dans un tel scénario. Les investisseurs devraient également vendre les secteurs les plus exposés directement (tourisme, luxe, sidérurgie…) mais aussi indirectement (sensibilité à la hausse des taux) comme l’immobilier ou l’assurance. A l’inverse, ils pourraient privilégier le secteur de la Défense et des matières premières. S’agissant de l’or qui sert généralement de valeur refuge, il n’est pas certain qu’il poursuive son ascension dans la mesure où l’inflation lui est historiquement défavorable à moyen terme.

Durée du conflit : la variable principale de décision pour votre portefeuille

L’importance de la réaction des marchés dans les prochains jours dépendra de son appréciation de la durée potentielle du conflit et de son ampleur. Le conflit serait véritablement problématique pour l’économie dans le cas où il s’enliserait plusieurs mois, épuisant ainsi les réserves de matières premières, et/ou s’il entraînait le prix du baril durablement au-delà de 100$.

Les Etats-Unis n’ayant probablement pas l’envie d’un conflit long, nous considérons qu’il n’y a pas lieu à ce stade de procéder à une sécurisation des portefeuilles. Pour ceux qui auraient actuellement un positionnement très sécuritaire, l’épisode de volatilité que nous traversons constitue même une opportunité de reprendre un peu de risque en privilégiant une gestion active et flexible.

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