Quelles orientations privilégier en 2026 pour vos placements ?
2025 a été une année mouvementée pour les marchés financiers, en raison de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump mais aussi de la nouvelle donne géopolitique. Les marchés actions ont terminé l’année sur leurs plus hauts…tout comme l’or, pourtant valeur refuge par excellence. Alors que la guerre en Iran pourrait durer, les incertitudes sur l’évolution des marchés persistent. Dans contexte, nous vous présentons notre analyse et nos perspectives pour 2026.
2025 : entre volatilité et nouvel ordre monétaire
Les marchés actions ont été très volatils en 2025 : le S&P 500 a perdu environ 19 % entre le 19 février et le 8 avril 2025, pour terminer l’année en hausse de près de 17 % ! Le CAC 40 a pour sa part perdu plus de 16 % sur la même période pour terminer l’année en hause de 10,40 %.
Les investisseurs, échaudés par les annonces de droits de douane exorbitants de Donald Trump, ont constaté au fil de l’année que les grandes zones commerciales avaient suffisamment de leviers pour contraindre les Etats-Unis à ne pas aller trop loin. De plus, à force de décrédibilisation de la parole présidentielle, les investisseurs ont fini par se concentrer sur les fondamentaux : maîtrise de l’inflation, baisse des taux d’intérêt et croissance mondiale qui résiste. Ce cocktail a été favorable aux actions.
Pour autant, les différences sectorielles ont été très fortes, que ce soit en raison de droits de douane ciblant certains secteurs ou de la nécessité pour certains pays – en Europe notamment – de retrouver une souveraineté économique et militaire essentielle à leur survie à long terme. Ainsi, les craintes des investisseurs sur le niveau de valorisation atteint par les marchés ne s’expriment pas tant au niveau global que de manière différenciée selon les secteurs et les zones géographiques. Parfaites illustrations : la correction des valeurs de la tech américaines (-7,74 % sur le Nasdaq du 1er janvier au 10 mars) et, à l’inverse, l’appréciation du secteur de la santé en Europe (+0,30 %).
L’année 2025 a également été marquée par la chute du roi dollar (-11,80 % contre l’euro), qui a affecté fortement les investisseurs européens en actifs libellés en dollars : à titre d’illustration, la performance du S&P 500 en euros s’est élevée à 2,70 % contre 16,40 % en dollars. Dans le même temps, l’or s’est apprécié de 64,30 % en dollars (45 % en euros).
Ce double mouvement est la conséquence d’une accélération de la volonté des pays du Sud global de s’affranchir de l’hégémonie du dollar. Il est aussi lié à la vente d’actifs américains par les Japonais et les Européens, en réponse aux pressions tarifaires des Etats-Unis et d’une montée des risques géopolitiques. Celle-ci a profité à l’or, le dollar n’étant plus considéré comme un actif refuge par les investisseurs.
Enfin, les obligations n’ont pas connu d’aussi bonnes performances qu’en 2024, les taux d’intérêt à long terme étant restés relativement stables, seuls les taux courts ayant baissé sur l’année. Mais elles ont constitué un socle solide pour les portefeuilles grâce à l’effet du portage.
2026 : un numéro d’équilibriste ?
Entre excès de valorisation et persistance des risques géopolitiques, la volatilité devrait rester importante.
A fin 2025, le ratio cours sur bénéfice (P/E) des actions américaines s’élève à 26 contre une moyenne historique de 19,80. Cette valorisation élevée repose notamment sur des attentes de croissance des bénéfices des entreprises liés à l’impact de l’IA. Cette situation rappelle l’année 1999, où le P/E avait atteint le niveau record de 28,40, sous l’effet d’attentes fortes du développement d’internet sur les bénéfices des entreprises. Les investisseurs avaient ensuite été ramenés à la réalité, l’éclatement de la bulle en mars 2000 ayant entraîné une baisse d’environ 39 % des marchés.
Les investisseurs deviennent ainsi prudents sur les valeurs technologiques et, d’une façon générale, sur les entreprises où les niveaux de valorisation reflètent des attentes de croissance exceptionnelles.
Dans le même temps, l’imprévisibilité des Etats-Unis demeure. La guerre en Ukraine ne semble pas pouvoir trouver d’issue diplomatique à court terme en raison d’attentes russes qui ne sont pas acceptables. De plus, le conflit avec l’Iran fait craindre un engrenage aux conséquences difficiles à appréhender. L’année 2026 pourrait donc bien éprouver une nouvelle fois les nerfs des investisseurs.
La croissance économique en soutien
Le contexte économique devrait pourtant rester favorable en 2026 : le FMI prévoit ainsi une croissance économique mondiale de +3,30 %, stable par rapport à 2025. Aucune grande zone géographique ne serait en récession : les Etats-Unis connaîtraient une croissance de 2,40 %, la zone euro de 1,30 %, le Japon de 0,70 %, les pays émergents et en développement de 4 %.
Cette situation économique, si elle ne se trouve pas modifiée par le conflit en Iran – dans le cas où celui-ci affecterait durablement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz – devrait ainsi soutenir la performance des actions, du moins dans certains secteurs et certaines zones où les niveaux de valorisation sont ancrés dans la réalité économique.
Dans le même temps, des incertitudes sur la direction que vont prendre les taux d’intérêts sont apparues avec le déclenchement du conflit iranien. Le mois de janvier laissait entrevoir des baisses de taux grâce à la maîtrise de l’inflation et l’annonce de l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la FED, avec un objectif clair de soutenir l’économie américaine en baissant les taux. Cependant, l’envolée du prix du pétrole au début du mois de mars fait craindre une généralisation de la montée des prix qui pousserait les banques centrales à remonter leurs taux d’intérêts pour lutter contre l’inflation. Les inquiétudes du marché se reflètent par exemple dans l’Euribor 12 mois, qui passait en mars au-dessus de la barre des 2,30 % pour la première fois depuis presque un an.
Les obligations restent incontournables dans les portefeuilles, notamment grâce à l’effet de portage, mais la prudence est de mise car une montée des taux leur serait défavorable. Attention notamment aux obligations high yield, dont les spreads de crédit sont à un niveau historiquement bas. Si le portage reste intéressant et le redéploiement des actifs monétaires favorable, elles sont très exposées à une dégradation de la conjoncture économique ou à une montée de la peur.
Le dollar, quant à lui, a connu une légère appréciation début mars en tant que valeur refuge. Mais elle pourrait s’éroder si les restrictions sur le pétrole et le gaz ne durent pas, permettant à la FED de baisser ses taux directeurs.
Décorrélation et flexibilité : les maîtres mots pour 2026
Dans ce contexte volatil et à la visibilité réduite, nous pensons qu’il convient de renforcer la diversification et la décorrélation des portefeuilles, en particulier au travers de la gestion alternative mais aussi d’actifs non cotés.
S’agissant de la gestion alternative, nous privilégions les stratégies neutres par rapport aux marchés actions et de taux.
S’agissant des actifs non cotés, nous continuons de privilégier la dette privée européenne au travers de fonds evergreen et l’immobilier d’entreprises, soit en portage sur des actifs de qualité, soit en création de valeur sur un horizon moyen terme en profitant de valorisations que nous jugeons encore décotées.
Pour la poche actions, nous privilégions les approches non benchmarkées et flexibles afin de tirer profit du rattrapage de certains secteurs, en particulier en Europe, dans un environnement économique qui reste favorable, tout en limitant le risque en cas d’éclatement de la bulle IA ou de choc exogène de nature géopolitique.
Glossaire
Une obligation est appelée High Yield lorsque la note Standard & Poor's de l'émetteur est inférieure à BBB-.
Une obligation est appelée Investment Grade lorsque la note Standard & Poor's de l'émetteur est supérieure ou égale à BBB-.
Le spread de crédit (de l'anglais spread) désigne l'écart de taux actuariel entre : une obligation émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un organisme ; et un emprunt d'État théorique qui aurait les mêmes flux financiers.
indice des actions des 500 plus grandes sociétés américaines cotées
indice des actions des 40 plus grandes sociétés françaises cotées
Rémunération servie par une obligation à un investisseur qui la conserve durablement dans son portefeuille, dans un environnement où les taux d’intérêt et les spreads de crédit resteraient constants.
Style de gestion de portefeuille complémentaire à la gestion traditionnelle. Grâce aux outils utilisés, elle cherche à décorréler un portefeuille de l’évolution générale des marchés financiers. Ainsi, la Gestion Alternative vous offre l’opportunité d’investir dans des placements visant un rendement positif et régulier sur l’horizon de placement conseillé;
Prêts consentis par des investisseurs privés ou institutionnels à des entreprises non cotées, principalement des PME et des ETI. Contrairement aux prêts bancaires classiques ou aux obligations cotées, ces prêts sont négociés de gré à gré et peuvent être adaptés aux besoins spécifiques de chaque entreprise, notamment en termes de durée, de taux et de garanties.
Fonds d’actifs non cotés (actions ou dettes) n’ayant pas de terme, ouverts à la souscription en permanence et permettant de sortir régulièrement – sauf demandes massives de sortie des investisseurs- sans devoir attendre une échéance particulière.