Actualité des dispositifs de défiscalisation
PER et report en avant des plafonds : les effets de la réforme ne sont pas immédiats
La loi de finances 2026 a porté à 5 ans au lieu de 3 ans le délai de report du plafond épargne retraite non consommé. Si cette nouveauté était facialement une bonne nouvelle pour les contribuables, une incertitude demeurait quant à l’effectivité de l’entrée en vigueur de cette nouvelle disposition. L’administration fiscale a récemment levé les doutes et sa position n’est pas favorable aux contribuables. En effet, il faudra attendre l’année 2031 pour bénéficier de la faculté de report des plafonds non utilisés des 5 années antérieures, comme l’illustre le tableau ci-dessous.
Plafonds de versements pour l’année : | Plafond de l’année | Report des plafonds non utilisés des années antérieurs | ||
2026 | = | Plafond 2026 calculé sur les revenus 2025 | + | Plafond 2025 (calculé sur les revenus 2024) |
2027 | = | Plafond 2027 calculé sur les revenus 2026 | + | Plafond 2026 (calculé sur les revenus 2025) |
2028 | = | Plafond 2028 calculé sur les revenus 2027 | + | Plafond 2027 (calculé sur les revenus 2026) |
2029 | = | Plafond 2029 calculé sur les revenus 2028 | + | Plafond 2028 (calculé sur les revenus 2027) |
2030 | = | Plafond 2030 calculé sur les revenus 2029 | + | Plafond 2029 (calculé sur les revenus 2028) |
2031 | = | Plafond 2031 calculé sur les revenus 2030 | + | Plafond 2030 (calculé sur les revenus 2029) |
Les FCPI Jeunes Entreprises Innovantes 2026 (FCPI JEI) arrivent sur le marché
Les FCPI JEI sont des fonds de capital-investissement destinés à financer des jeunes entreprises innovantes, en France et en Europe, principalement non cotées.
Ils permettent à l’investisseur de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu de 30 % de la fraction éligible de son investissement. Pour mémoire, la loi de finances 2026 a supprimé la réduction d’impôt sur le revenu pour les FCPI classiques, entraînant de facto leur disparition du marché !
Un FCPI JEI doit notamment respecter un quota d’investissement d’au moins 70 % dans des entreprises répondant aux critères prévus par le dispositif JEI.
Par essence, les FCPI JEI sont plus risqués que les anciens FCPI classiques, car la maturité des entreprises sous-jacentes est plus faible et l’incertitude sur leur réussite commerciale plus élevée. Il n’y a aucune liquidité pendant la durée d’investissement recommandée, généralement de 10 ans. En contrepartie, les avantages fiscaux sont plus importants que pour les « anciens » FCPI :
- Taux facial de réduction d’impôt sur le revenu de 30 % (contre 25 % pour les FCPI classiques en 2025)
- Plafonds de versement de 75 000 € pour une personne seule / 150 000 € pour un couple
- Réduction d’impôt qui n’entre pas dans le plafond des niches fiscales, mais plafonnée à 50 000 € en cumul sur la période 2024-2028.
Les millésimes 2026 de ces fonds seront disponibles dans le courant du mois d’octobre prochain. Nous vous partagerons notre sélection 2026 dans une prochaine communication.
Investissement forestier et optimisation fiscale : une formule qui fonctionne toujours en 2026 !
Dans un contexte général peu favorable aux placements de défiscalisation, l’investissement forestier reste épargnée et continue, pour l’heure, de bénéficier d’un régime fiscal particulièrement favorable. Nous rappelons ci-dessous les avantages fiscaux de l’investissement en GFI (Groupement Forestier d’Investissement) :
- éligibilité au dispositif IR-PME : réduction d’impôt sur le revenu de 18 % du montant souscrit, retenu dans la limite de 50 000 EUR pour une personne seule (100 000 EUR pour un couple). La réduction entre dans le plafond des niches fiscales de 10 000 EUR, avec des mécanismes de report, sous conditions.
- abattement de 75 % sur l’assiette de calcul des droits de succession, à hauteur de la part investie en actifs forestiers.
- exonération d’IFI.
Bien évidemment, un tel investissement doit s’intégrer dans une stratégie patrimoniale de très long terme, puisque la liquidité et les revenus distribués sont très faibles. La gestion du risque climatique est devenue centrale, et il est fondamental de s’appuyer sur des gestionnaires chevronnés qui maitrisent toute la chaîne de valeur, de la sélection des massifs à leur gestion au quotidien.
Contribution Différentielle sur les Hauts revenus (CDHR) et défiscalisation : attention aux effets de la réforme 2026
Nous concluons cet article en attirant l’attention des contribuables qui seraient assujettis à la CDHR sur l’inefficacité, en 2026, des principaux dispositifs de défiscalisation.
Pour mémoire, la CDHR vise à assurer, pour les contribuables concernés, un niveau minimal d’imposition de 20 % du revenu fiscal de référence retraité. Elle concerne les résidents fiscaux français dont ce revenu dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple.
Lorsqu’une réduction d’impôt est « neutralisée » dans le calcul de la CDHR, l’administration fiscale réintègre fictivement son montant dans l’IR servant au calcul de la CDHR. Cela peut paraître contre-intuitif, mais cela est favorable : la réduction d’impôt conserve alors son efficacité et ne fait pas augmenter la CDHR.
La loi de finances 2026 a modifié les règles en défaveur des contribuables, de sorte que les principales réductions d’impôts comme l’IR PME ou les FCPI JEI ne sont plus réintégrées dans l’impôt sur le revenu. Il s’agit donc d’un point important à vérifier avant d’engager en 2026 tout investissement de défiscalisation.