Investir dans les infrastructures

Qu’est-ce qu’une infrastructure ?

Le terme désigne les équipements et réseaux essentiels au fonctionnement d’une économie et d’une société. On distingue généralement plusieurs grandes catégories.

Les infrastructures de transport

Ce segment regroupe les autoroutes à péage, les aéroports, les ports maritimes, les réseaux ferroviaires ou les ponts. Ces actifs sont souvent associés à des situations de quasi-monopole qui confèrent à leurs opérateurs un pouvoir de fixation des tarifs important et des flux de revenus relativement stables.

Les infrastructures d’énergie et de services aux collectivités (utilities)

Il s’agit notamment des réseaux de distribution d’électricité et de gaz, des pipelines, des centrales de production d’énergie (notamment l’énergie décarbonée), ainsi que des réseaux d’eau potable et d’assainissement. Ces actifs sont souvent très régulés par les autorités publiques, ce qui limite les hausses de tarifs mais garantit en contrepartie une stabilité des revenus sur le long terme.

Les infrastructures sociales

Hôpitaux, écoles, crèches, … entrent dans cette catégorie. L’État ou les collectivités locales s’engagent contractuellement à verser des loyers ou des paiements à l’opérateur privé sur des durées longues, souvent de plusieurs décennies.

Les infrastructures numériques et de communication

Il s’agit d’un segment en plein essor : tours de téléphonie mobile, centres de données (data centers), réseaux de fibre optique, câbles sous-marins. La demande très importante en connectivité et en capacité de calcul liée à l’essor de l’Intelligence Artificielle en fait l’un des segments les plus dynamiques en ce moment.

Pourquoi investir maintenant ?

Le contexte est actuellement favorable :

  • La transition énergétique nécessite des investissements massifs dans les énergies renouvelables, les réseaux intelligents, le stockage d’énergie et globalement dans l’électrification de l’économie.
  • L’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) et plus généralement la révolution numérique stimulent la demande en data centers, en fibre optique et en tours de téléphonie 5G.
  • Le déficit d’infrastructure dans de nombreux pays développés, notamment en matière de santé dans un contexte de vieillissement des populations, est aussi un facteur propice.

Intrinsèquement, les infrastructures présentent les caractéristiques suivantes :

  • Stabilité et prévisibilité des revenus, grâce à des contrats de long terme, des concessions ou des tarifs administrés
  • Protection contre l’inflation via les clauses contractuelles d’indexation
  • Décorrélation avec les actifs financiers traditionnels, pour les fonds d’infrastructures non cotés 

Comment investir ?

L’investissement dans les infrastructures est ouvert au plus grand nombre via des véhicules d’investissement collectif, gérés par des sociétés de gestion spécialisées. Ces fonds peuvent être cotés en bourse ou non cotés.

Dans le cas de fonds cotés, la corrélation au marché des actions est souvent forte, ce qui nous semble être de nature à limiter l’intérêt du recours à ce type d’instrument.

Dans le cas d’un investissement non coté, la liquidité est par nature réduite. Mais la décorrélation par rapports aux actifs traditionnels est sensiblement plus élevée.

En pratique, le gérant du fonds va sélectionner différents projets qu’il juge complémentaires, pour assurer la diversification du portefeuille et diminuer le risque.

Il existe également des fonds de fonds d’infrastructures, qui permettent d’augmenter encore la diversification. Ils ont vocation à capter des opportunités à l’international et à capitaliser sur les expertises locales. Ils offrent aussi l’accès à des fonds de taille beaucoup plus importante – actif net de plusieurs centaines de millions d’euros – en principe réservés à des investisseurs institutionnels.

Quels rendements attendre, pour quels risques ?

Il est possible d’investir en titres de capital ou de dette (dette privée d’infrastructure), ce qui a naturellement un impact sur le niveau de risque pris et le rendement attendu.

Pour les fonds investis dans des actions non cotées, le rendement annuel attendu est généralement supérieur à 10 % net de frais de gestion. Le risque de perte en capital est alors élevé et la liquidité est très faible sur l’horizon d’investissement très long terme (souvent de 8 à 10 ans minimum).

Pour les fonds de dette privée d’infrastructure, le rendement attendu se situe plutôt entre 6 % et 8 %. Le risque de perte en capital existe mais il est moindre. L’horizon d’investissement est plus court et la liquidité meilleure. Pour ce type de fonds, il convient d’être particulièrement attentif à la duration du portefeuille et au type d’emprunt (taux fixe ou taux variable), pour éviter de subir des variations significatives de valorisation en cas de hausse des taux d’intérêts.

Notons aussi que la maturité des projets acquis ou financés a un impact sur le risque. Les projets à construire (actifs dits « greenfield ») sont plus incertains que les actifs déjà en exploitation (actifs dits « brownfield ») mais la rentabilité potentielle est plus élevée…

Quels sont les montants minimums d’investissement et modalités d’accès ?

Historiquement, le ticket d’entrée se situait à 100 000 EUR pour les investissements non cotés « au nominatif ».

Nous constatons depuis peu un vent de démocratisation de l’accès aux fonds d’infrastructures, avec des seuils d’entrée abaissés à quelques milliers d’euros pour certains véhicules. Ces derniers peuvent en outre être éligibles au PEA ou PEA PME-ETI, ce qui permet d’optimiser la fiscalité.

Ce mouvement s’inscrit dans le cadre de l’évolution de la règlementation européenne et le développement des fonds non cotés de type ELTIF (European Long-Term Investment Fund). Il s’agit d’un format de fonds d’investissement européen conçu pour orienter l’épargne vers des projets à long terme dans un cadre réglementé visant à protéger les investisseurs. Ces fonds sont également « evergreen » : ils sont ouverts en continu et mettent en place des fenêtres de sortie régulières, sous conditions.

Certains assureurs proposent, depuis quelques années déjà, des fonds d’infrastructures souvent gérés par une filiale dédiée de l’assureur au sein des contrats d’assurance-vie ou PER. Les compagnies assurent généralement la liquidité du support, mais imposent des contraintes d’accès ou de sortie au sein du contrat.